À la découverte des secrets de la filière laine (Reportage)

France TVinfo propose un petit reportage sur le parcours des laines françaises et les secrets de la filière de la laine.

Chaque année, l’Hexagone produit près de 15 000 tonnes de laine brute. Que devient cette matière première ? Avant, la laine se vendait deux euros le kilo, désormais, il faut se contenter de 90 centimes. Tondre des brebis ne rapporte plus rien. À la sortie de la ferme, un négociant en laine la récupère. Il faut alors faire une première sélection. Les usines de lavage de laine ont disparu en France. La main-d’oeuvre est trop chère. Résultat : 90% de la laine de second choix est exportée.

https://www.francetvinfo.fr/economie/a-la-decouverte-des-secrets-de-la-filiere-laine_1103999.html
Pour visualiser le reportage s’il n’apparaît pas ici.

Regard critique

Le reportage, visuellement très bien fait, interpelle sur 3 points :

  1. les usines montrées en Chine sont toutes propres et pimpantes… alors que dans le secteur textile, laine comprise, elles sont majoritairement des lieux d’exploitation des enfants, des détenus, des femmes qui dorment sur place, pleines de crasse, avec un air irrespirable, des espaces très pollués, etc;
  2. la responsable chinoise de l’achat des laines françaises dit sans rire que la plupart des pays du monde sont “obligés” d’exporter leurs laines en Chine au vu de leurs réglementations environnementales. Mais heu, disons que les normes environnementales ça sert quand même à quelque chose. Et que s’il n’y a pas (ou peu) de normes en Chine c’est simplement pour pouvoir faire plus d’argent;
  3. On nous dit, toujours sans rire, que c’est “plus intéressant” de faire fabriquer en Chine. Mais heu, c’est plus intéressant pour qui ? A croire que la journaliste avait oublié son bout d’esprit critique dans la poche de sa robe d’été remisée depuis l’an passé…

Dernière chose, plus “intéressante”, le directeur des filatures Jules Tournier indique qu’il rajoute des laines d’Amérique du Sud pour donner de la nervosité à ses fils, et qu’il apporte de la douceur via la laine française.

Cela contredit les informations d’autres filateurs, et même celles du reportage puisque le vendeur de laines françaises en Chine dit qu’elles ont beaucoup de gonflant (la nervosité peut s’assimiler au gonflant).

Les secrets de la filière laine

Un peu de mauvaise foi

D’habitude on nous dit que les laines françaises ne sont pas assez douces et qu’il n’y a que des laines gonflantes/nerveuses, et bien des industriels disent qu’il n’y a pas moyen de trouver de laine française de qualité (même Bergère de France nous disait ça).

Il y a donc, chez certains industriels, un chouia de mauvaise foi  (la laine étrangère qui sert au mélange est sans doute moins chère que la m^me, mais française)et/ou de l’ignorance de ce qu’il y a moyen de trouver en France.

Et, notre travail d’information à la Filière laines sur les qualités des laines disponibles est donc très important, y compris au niveau industriel. Comme si les canaux de communication entre les producteurs et transformateurs de laines avaient été totalement coupés, y compris sur les grands volumes. Les contacts au niveau national, comme avec la FNO sont donc fort importants.