La laine wallonne se tricote… en Chine

Grâce à une dépêche de l’agence Belga, Vers l’avenir a publié un article sur la Filière laine, dans le cadre de notre journée “d’évaluation et de prospective” du 27 février 2013.

Chaque année, près de 140 tonnes de laine sont récoltées sur le territoire wallon. Mais la grande majorité part directement en Chine, sans aucune étape de valorisation en Wallonie.

Chaque année, près de 140 tonnes de laine sont récoltées sur le territoire wallon. Mais la grande majorité part directement en Chine, sans aucune étape de valorisation en Wallonie, avant de revenir en Belgique sous forme de vêtements ou de matelas. Fondée en 2010, la Filière laine souhaite donc conscientiser le consommateur à la valeur de la laine et générer de l’activité en Wallonie autour de ses transformations.

En 2010, la Wallonie comptait environ 57.500 brebis sur son territoire, uniformément réparties dans les différentes provinces hormis en Brabant wallon (3.600 têtes seulement), selon les dernières statistiques de la Fédération interprofessionnelle caprine et ovine de Wallonie (Ficow). Au total, 34 % de ces brebis font partie d’élevages «amateurs» (maximum 10 brebis) et 34 % d’élevages «professionnels» (au moins 50 brebis).

La majorité de ces brebis sont élevées pour leur lait, leur viande et celle de leurs agneaux. Leur tonte permet également de récolter chaque année environ 140 tonnes de laine en Wallonie. «Ce n’est rien du tout comparé aux 25.000 tonnes produites en France», remarque Ygaëlle Dupriez, coordinatrice de la Filière laine, qui milite pour revaloriser la laine locale. «Mais l’utilisation de ces 140 tonnes permettrait pourtant de créer une multitude d’activités.»

Lorsqu’elle n’est pas simplement jetée, la grande majorité de cette laine wallonne part en Chine, sans étape de valorisation en Wallonie. «On la rachète pourtant ensuite sous forme de vêtements ou de matelas», regrette Ygaëlle Dupriez. «C’est dommage que cette ressource naturelle, noble et durable, ne soit plus exploitée.» Tondre et transformer la laine sont des compétences qui s’oublient en Belgique, confirme la Filière laine. De nombreuses entreprises travaillant ce matériau ont d’ailleurs disparu depuis l’avènement du nylon et du synthétique.

Face à ce constat, l’ASBL NGE 2000, une agence de développement territorial en province de Luxembourg, a donc fondé en 2010 la Filière laine, dont le «Comité de pilotage» est composé d’éleveurs, d’artisans, d’associations et d’entreprises. Ses objectifs consistent notamment à conscientiser le consommateur à la valeur de la laine et à soutenir la valorisation du matériau en Wallonie. «Nous informons les éleveurs, nous organisons des formations, des visites de négociants en laine…», égrène Ygaëlle Dupriez. «Une couette 100 % belge est d’ailleurs née dans le cadre de la Filière laine et notre base de données s’élargit. Nous sentons un réel engouement pour notre initiative.» La Filière laine, uniquement financée par la province du Luxembourg, a d’ailleurs introduit une demande de financement auprès du ministre wallon du Développement durable, Jean-Marc Nollet, ainsi que de l’ensemble des provinces pour pouvoir soutenir de nouveaux projets.

La Filière laine organise le 27 février 2013 une journée de rencontres et d’informations à Ciney, pour évaluer ses deux premières années d’existence.

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