Le paillage en laine de mouton mis à l’étude

En 2019, le Parc Naturel Hautes Fagnes Eifel avait testé du paillage en laine chez plusieurs maraichers. Les premières observations étant bonnes, nous avons décidé d’aller plus loin et de mettre le paillage en laine sous la loupe des chercheurs de la plateforme WASABI basée à Gembloux (ULiège). Deux paillages ont été testés : l’un en pure laine et l’autre en laine mélangée avec du lin (50/50). Ces deux paillages 100% naturels ont été comparés aux bâches plastiques conventionnelles et à une culture sur sol nu. Si le paillage mixte ne s’est pas montré convaincant, le paillage en pure laine nous a réservé de belles surprises.

Paillage en laine, de quoi parle-t-on ?

Le paillage en laine testé par le Parc Naturel Hautes Fagnes Eifel est composé de laine récoltée lors de collectes locales. Il s’agit d’une nappe de laine aiguilletée (300g/m2) qui peut être étendue sur le sol et les cultures. La laine utilisée est un mélange de laines de couleur, habituellement peu ou pas valorisées. La laine est lavée avant d’être transformée. Aucun produit néfaste n’est appliqué lors du processus de fabrication de la nappe aiguilletée.

Il ne s’agit pas d’un feutre de laine, qui a des propriétés mécaniques différentes de celle de la nappe aiguilletée.

Placement du paillage :

Le paillage de laine aiguilletée se place de la même façon qu’un paillage plastique conventionnel. On déroule le rouleau au sol sur la longueur voulue. Il faudra simplement prévoir quelques agrafes supplémentaires pour le fixer (+/-30% de plus que pour un paillage plastique).

Efficacité contre les adventices

De manière générale, le paillage permet le passage d’un peu de lumière vers le sol. Dès lors, quelques adventices pourront se développer sous le paillage. Mais il n’y a pas de crainte à avoir, celles-ci resteront sous le paillage en laine sans le percer. Seules quelques graminées, comme le chien dents, sont capables de passer au travers.

Rendement :

L’étude menée par l’ULiège via sa plateforme WASABI met en évidence que la production de courge sur le sol paillé est significativement supérieure par rapport à une culture sur sol nu. L’étude montre également que la quantité et le poids des courges récoltées sur le paillage laine est légèrement supérieurs aux cultures sur paillage plastique. Plutôt une bonne nouvelle donc !

Durabilité du produit :

Le paillage en laine remplit parfaitement ses fonctions durant toute la période de culture. Nous n’avons pas le recul nécessaire pour évaluer son efficacité à long terme. Néanmoins, il y a peu de chance pour que le paillage puisse être utilisé plusieurs années. Est c’est normal, puisqu’il est fabriqué en produit 100% naturel. Il est biodégradable et, à priori, il pourra être intégré au sol cultivé.

Observation supplémentaire :

Lors des premiers mois d’observation, le rapport du centre de recherche montre un taux d’humidité du sol plus faible sous le paillage en laine, comparé à un sol nu ou couvert par un paillage plastique. Bien que le paillage laine soit capable de capter la rosée du matin et de la maintenir dans la journée, il ne semble pas favoriser une hydrométrie élevée dans le sol qu’il couvre. Cependant, il ne semble pas que les plants de courge cultivés sur le paillage laine aient souffert d’un manque d’eau. Malgré une année 2020 très sèche, les meilleurs résultats de production ont été observés sur le paillage en laine.

On parle souvent de la laine dans la lutte contre les rongeurs et/ou les limaces… Nos tests avec le paillage en laine aiguilletée n’ont pas pu affirmer ou infirmer ces hypothèses…

 

Vous aimeriez tester ce paillage ? C’est possible grâce à l’entreprise Woolconcept basée à Sourbrodt, qui propose le produit Terralan très similaire à ce que nous avons pu tester !

Lire l’étude dans son intégralité ici