Le peignage de la laine, La Navette n°22, p 4 à 7

Le peignage de la laine

Pour beaucoup d’entre nous, le peignage de la laine reste une opération mystérieuse, voire totalement méconnue.  Cependant,  elle  était  pratiquée  autrefois  dans toutes les grandes manufactures lainières. Voyons donc en quoi consiste cette opération.

Un peu d’histoire

On pourrait se demander pourquoi les tisserands d’aujourd’hui ne pratiquent plus cette méthode, si elle était si répandue jadis ? C’est  une question à laquelle il serait un peu long de répondre. Elle est liée à l’histoire et à l’évolution des techniques de tissage.

Jusqu’au x1xe siècle, le peignage de la laine était très répandu dans toutes les manufactures de draperies qui se situaient dans le Nord de la France. Progressivement , cette opération fut remplacée par les machines. Et comme le peignage manuel était une opération de spécialistes, surtout pratiqué dans les ateliers des grandes villes manufactu­rières (Lille, Roubaix, Tourcoing, Abbe­ville, Elbeuf, etc.) et très peu répandu dans les campagnes, il ne survécut pas à la révolution industrielle.

Le dernier « peigneur » à main français fut probablement celui qui fut filmé dans un petit village des Alpes près d’Or­cières, voici plus de vingt ans, par Christian des Touches. Son film est un document rare, qui nous montre com­ment cette technique était pratiquée par les montagnards qui transformaient leurs laines pendant les longues soirées d’hiver. L’autre raison qui fait que le peignage manuel ait disparu est une raison prati­que, disons économique.  Ce peignage était destiné essentiellement aux laines à chaînes.  Or,  combien de  tisserands , aujourd’hui, utilisent une laine filée à la main  pour  monter  leurs  chaînes ?  Et parmi ceux-ci (qui peuvent se compter sur les doigts de la main) combien y en a-t-il qui peignent leur laine ? Aucun sans doute ! Car le peignage de la laine n’est pas une opération vraiment indispensa­ble, si  l’on  veut  filer  ses  chaînes  soi­ même. Une bonne qualité de laine, bien cardée et bien filée, retordue ensuite à deux  ou  trois  brins, donnera  un fil  de chaîne  qui  contentera  la  plupa’1 des tisserands   d’aujourd’hui.  Car  celui qui voudra absolument filer sa chaîne est un amoureux de « sa » laine et n’en voudra point d’autre. Rechercherait-il la régula­rité  parfaite  qu’il  se  contenterait  alors d’une  laine filée  mécaniquement . Mais les anciens devaient fignoler leur produit pour obtenir des fils parfaitement réguliers, presque aussi  réguliers que ceux que   font   aujourd’hui · les   machines . Et  pour cela,  il fallait  peigner  la  laine.

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Laines à peigne et laines à cardes

Les laines à peigne

Les laines à cardes

Le peignage artisanal

Le peignage industriel

Le peignage de la laine, La Navette 22

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2018-08-31T11:06:00+00:00La Navette, Peignage|